La théorie de l’évolution n’est pas souvent abordée dans les jeux vidéo sauf si l’on parle de la génèse des consoles. Evoland est une sorte d’ovni de la scène indépendante qui base tout son gameplay sur cette fameuse évolution. Voyons voir ce que nous réserve cette nouveauté qui peut laisser perplexe au premier abord.

Evoland, un concept

Il va sans dire qu’« Evoland » est un jeu qu’on n’a pas l’habitude de voir sur Be-Games. L’idée générale, plutôt étrange, mérite que l’on s’y attarde le temps d’un test.
Je ne vais pas tourner autour du pot plus longtemps, Evoland mise tout sur l’évolution des jeux du genre RPG, du début des années 80 à nos jours, soit plus de 20 ans de bons et loyaux services. Tout évolue, le graphisme, le gameplay, l’histoire. Le studio Shiro games aurait-il créé le jeu ultime ? Celui que tout le monde attendait depuis des années ? Celui qui va enfin faire honneur aux anciens titres ? Tout cela est séduisant sur papier et donne relativement envie d’aller plus loin, mais malheureusement, on se rendra vite compte que tout ne brille pas.

Concrètement, comment ça marche ?

Dès que l’écran titre est passé, c’est le premier choc. Graphismes monochromes, peu de détails, pas de bruitages, pas de musique… mon dieu, l’accueil à peine fermé,  mon jeu est tout “buggé”.
Je me dis que c’est peut être du à une erreur lors du lancement du jeu, donc je quitte la partie, retour Windows et je le lance à nouveau. Et surprise, encore cet affichage étrange, sans la moindre ambiance. Après quelques instants de réflexion, je me dis que ça doit être normal, vu qu’il est question d’évolution. Seconde surprise, mon clavier ne répond pas… à part la flèche de droite. Très étrange comme démarrage, je me décide donc de partir à droite vers un énigmatique coffre qui dès son ouverture m’indique que je peux enfin utiliser la flèche de gauche pour me diriger vers un deuxième coffre mystérieux qui me débloque le mouvement vers le haut. Ces deux boites sont les premières d’une très longue série qui va définir le fameux critère d’évolution. A chaque ouverture, on débloque une autre évolution, tant au niveau du gameplay que du graphisme, le tout accompagné d’un commentaire bien inspiré, bourré de références aux ténors du genre. On voyagera donc rapidement d’un univers cubique en 8 bits, sans son ni musique, à celui d’un jeu récent, en passant par l’âge d’or de la Super Nintendo et son mode 7. On peut reconnaître un point positif à Evoland, c’est cette surprise ressentie au démarrage du jeu, cet affichage digne de la NES est troublant mais en même temps très enchanteur. On s’amuse ensuite à découvrir les nouvelles fonctionnalités et si on est un tant soit peu habitué aux RPG d’antan  on sourit quasiment à chaque clin d’œil lors de l’ouverture des coffres. Au fur et à mesure, l’aventure prend forme et on ressent cette envie d’en savoir plus. On suit donc l’histoire notre héros Clink et son acolyte féminin Kaéris, amenés à détruire un mal quelconque qui frappe l’univers d’Evoland. Malheureusement c’est la que le bas blesse. Le scénario n’est pas très étoffé et on s’amuse plus à découvrir les secrets d’évolution disséminés à gauche et à droite, qu’à suivre un scénario bien peu inspiré.

Toutes les bonnes choses ont une fin, et après une grosse heure de jeu, on finit par s’ennuyer ferme à cause d’une trop grand répétitivité des actions de notre tandem. Ajoutons à cela un manque cruel d’objectifs précis à accomplir.

Bien sûr, certaines idées sont vraiment agréables, comme l’exploration de donjons à la manière d’un Ocarina of Time. Bien que cette quête reste agréable au premier coup d’œil, les donjons en question sont vraiment trop basiques pour espérer en tirer un quelconque amusement. Je me suis surpris à pousser un soupir de soulagement quand j’ai enfin terminé le premier. S’il faut retenir une évolution vraiment intéressante et bien trouvée, mon choix se portera sur le « saut d’évolution ». A certains  moments, plusieurs passages seront inaccessibles dans l’évolution actuelle (par exemple, un buisson touffu en 16bits est tout plat en 8bits), il faudra donc passer d’une évolution à l’autre pour franchir l’obstacle.

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Que reste-t-il à Evoland ?

Si l’idée de l’évolution progressive est séduisante et amusante dans le concept, elle l’est bien moins quand on pose les mains sur le clavier pour explorer notre terrain de chasse. On est interrompu à de trop nombreuses reprises pour assister à l’une ou l’autre amélioration. Pire, à certains moments, elles sont inutiles, comme l’apprentissage de l’utilisation d’une clé pour ouvrir une porte juste à coté du coffre, ou l’utilisation d’un switch qui ouvre une grille dans un mur à deux pas du héros (Welcome Mister Obvious). On finit par recevoir des améliorations que je qualifie « d’agaçantes » comme cette animation inutile de l’ouverture des coffres (à l’instar de l’ouverture des « gros » coffres d’Ocarina of Time). Si on assiste amusé à la première ouverture et que l’on souligne le clin d’œil à la saga de Nintendo, on l’est bien moins dix coffres plus tard. L’Oscar de la pire évolution à mes yeux, qui cumule agacement et énervement, reste celle des combats aléatoires. Il y en a tellement que ça devient atroce et que l’envie de couper le jeu devient vite un soulagement si on souhaite conserver un peu de santé mentale. Donc, si vous détestez cet aspect des RPG, je vous déconseille de tenter l’aventure d’Evoland.

Question technique, tout roule correctement et le graphisme est agréable sans atteindre la qualité de certaines autres productions indépendantes.

En conclusion

Tout au long du jeu, on se demande où les développeurs veulent nous emmener. On a l’impression que le concept est vraiment brouillon et il faut énormément de patience pour supporter ces multiples évolutions dont seules quelques unes apportent un plus au gameplay. Malgré tout, certaines évolutions tentent de critiquer ouvertement une fonctionnalité qui était vraiment horrible pour l’époque.
On peut légitimement se demander si c’est la bonne manière de prouver que certains vieux jeux ont très mal vieilli. Finalement, il est difficile d’identifier le public cible de ce jeu. Les jeunes joueurs néophytes aux anciens RPG n’arriveront pas à apprécier les clins d’œil par ci par là et il sera difficile pour les habitués de supporter ce gameplay haché qui passe un peu à coté de son objectif.

Avis objectif d’un Lionheart_mike un peu déçu.

Quand j’ai entendu pour la première fois parler d’«Evoland , j’ai été séduit par les différentes vidéos, et le titre m’a longtemps intrigué. Quand il est arrivé à la rédaction, j’ai eu peur de le tester, d’être déçu et que le jeu ne soit finalement qu’une simple parodie des RPG. Au début, mes craintes ont été rapidement balayées et j’ai même été relativement enthousiasmé lors de ma première partie, mais après deux heures intensives de jeu, j’ai découvert que la sauce ne prenait pas et j’ai même ressenti un profond ennui.  C’est dommage car le titre se montrait séduisant et aurait pu devenir une référence si les développeurs avaient tenté d’aller au bout de leurs idées. Malgré tout, tout n’est pas à jeter dans Evoland et il reste distrayant, rempli de contrastes et il peut satisfaire certains joueurs.

A vous de voir si vous avez envie de dépenser les 10 euros nécessaires pour découvrir cet ovni.

Un grand merci à Vega pour la correction !