Avis à tous les lecteurs atteints de ce syndrome addictif, irréversible et incompréhensible pour la planète lambda : Retro Virus la 10ème vous livre la conclusion de la thématique de l’été sur les origines des jeux vidéo ! Space War a été élu premier jeu de l’histoire. Pong ! a réussi à revendiquer une position dominante dans le secteur arcadien. Ce triptyque s’achève sur l’ultime question : Quelle est la première console de l’ère vidéoludique ?

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Ralph Baer et sa machine

Au même titre que pour les catégories précitées, les consoles sont nées de multiples essais et prototypes en tout genre. Néanmoins, si l’on s’accorde sur la définition d’une console de jeu domestique, il semblerait que le nom de Ralph Baer s’impose comme précurseur en la matière. Une console de jeu vidéo domestique est un appareil à cartouches interchangeables permettant au téléspectateur d’interagir avec le poste de télévision. Celui-ci est muni d’une fente (slot) capable de recevoir différentes applications via des circuits imprimés et contenant différents programmes ludiques. A l’instar de cette définition, Ralph Baer a inventé et créé la console Odyssey.

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Malgré un marketing peu inspiré, la pub était déjà d’actualité

Cette machine est le reflet de toute l’ambition de ce génie. D’une part, il voulait rebondir sur le créneau vidéoludique élaboré par ses collègues Bushnell et autres, tout en profitant du nombre vertigineusement croissant de postes de télévision dans les foyers américains. D’autre part, il a tout simplement écrit l’histoire de la télévision en inventant un dispositif, capable de s’ajouter au téléviseur et de multiplier les possibilités d’interactions avec ce dernier. Cet ingénieur aux idées révolutionnaires était occupé à créer des prototypes à brancher au poste de télévision depuis 1966. Quatre ans plus tard, la société Magnavox rachète le brevet de Baer afin de produire l’ODYSSEY. En 1972, Baer et Magnavox proposent cette première console révolutionnaire. Vendue à 200 000 exemplaires, elle ne fera pas le carton du siècle. Plusieurs raisons expliquent ce manque d’intérêt populaire. Primo, la console n’était distribuée que dans les enseignes Magnavox. Les consommateurs croyaient donc que celle-ci ne tournait que sous les téléviseurs de la même marque. Secundo, le marketing autour de cette sortie était maladroit et confus. Enfin, le prix de 99 dollars semblait rédhibitoire pour l’époque.

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Disponible uniquement dans les enseignes Magnavox

En termes de jeux, ça donnait quoi ?

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Les graphismes étaient limités à trois carrés, un pour chaque joueur, un troisième plus petit faisait office d’objet ludique tel qu’une balle. On distinguait également une ligne mobile au milieu. Cela ressemblait déjà terriblement à Pong !, l’héritage des pionniers de l’industrie vidéoludique est évidemment perceptible dans toutes les productions de l’époque.
La console fonctionnait via des piles car le système d’alimentation secteur n’était pas encore le standard que l’on connait aujourd’hui. Deux manettes filaires accompagnaient la bête. La première version de la console était muette mais les versions ultérieures jouiront d’une amélioration audio. Des diffuseurs intégrés apporteront quelques bruitages de rebonds,…
Au même titre que pour la Vectrex de MB quelques années plus tard, l’Odyssey disposait de masques colorés transparents à apposer sur l’écran de télévision, faisant office de décors.
Il est amusant d’observer que la même cartouche pouvait être utilisée pour plusieurs jeux. Les nuances passaient dès lors via les accessoires ou les masques livrés avec l’appareil. Ces lots d’accessoires étaient d’ailleurs assez impressionnants pour l’époque et comportaient des jetons, des cartes, des dés, des autocollants, …

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Un pack collector, de chez collector!

Aujourd’hui, il est encore possible de trouver ce genre de machine, complète en boite sur les sites d’enchères bien connus ou autres. Le budget quant à lui est à l’image de la rareté et l’importance de l’objet dans l’histoire du multimedia. Il va de soi que si vous retrouvez une boite poussiéreuse dans le grenier de votre grand-père, estampillée « Odyssey », n’hésitez pas à contacter la rédaction de press-start, nous saurons quoi en faire…

Pour conclure, j’aime observer que le jeu vidéo a une histoire. Cette genèse est faite d’origines, certes parfois floues, mais authentiques. Les pères créateurs de cette passion qui est la nôtre sont Russel, Bushnell et Baer. Ces jeunes ingénieurs audacieux et rebelles ont, par la force de l’anticonformisme et de la créativité, défini les standards du jeu vidéo, et sur certains points, du poste de télévision. Ces hackers de l’époque ont tout simplement laissé parler leur imagination, détourné l’usage initial des premiers ordinateurs et télévisions, afin de divertir et faire avancer la technologie. Le jeu vidéo est né d’esprits contestataires, il serait bon que le jeu vidéo d’aujourd’hui s’en souvienne afin d’éviter l’ultra-conformisme confortable dans lequel il a tendance à se vautrer.

Sources :

http://en.wikipedia.org/wiki/User:Wgungfu?uselang=fr

« Des Pixels à Hollywood » de Alexis Blanchet – PIX’N LOVE éditions

Vega

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