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Le monde de l’arcade et les fantasmes qu’il suscite étaient à l’honneur la semaine dernière, dans la capitale londonienne. Le salon EAG avait installé ses quartiers à l’Excel London Exhibition Center et les professionnels de l’amusement « King Size » s’étaient donnés rendez-vous pour présenter leurs meilleurs produits récents. L’équipe de Be-games ne s’est évidemment pas fait prier pour rendre visite au prince Harry et tenter de vous ramener des fresh news de cet event’ hors du commun.

Le Salon EAG

Ce salon, très guindé, présente des bornes d’arcade, des flippers, des machines à sous, des UFO catchers, des  mini carrousels, des billards, des lots de luna park, … La réalité du secteur arcadien influence évidemment le contenu de ce show-room et de fait, les bornes n’y sont plus à la fête comme il y a quelques années. Place étant faite aux machines à pince mobile et autres machines à lots. Ces machines d’appel dans les « game centers » japonais, ont carrément pris le dessus dans les salles européennes. Néanmoins, Namco et Sega y tiennent encore un stand imposant et proposent des bornes récentes. Pas de place pour les babes et autres ambiances démesurément mégalo de la Gamescom, mais une atmosphère de proximité, et un public trié sur le volet permettaient de s’essayer à tous les titres disponibles.

Les jeux d’arcade d’aujourd’hui

Les bornes contemporaines ne peuvent plus se contenter d’offrir des titres exclusifs, aux graphismes révolutionnaires, puisque les consoles et pc de salon ont de telles facultés de réaction qu’une innovation arcade passerait en l’espace d’un mois, pour une version ancestrale. Ainsi, on observera qu’un Tekken Tag Tournament 2 se vend plus de 700 Euros (le système, pas la borne, il va sans dire…) à sa sortie. 3 mois plus tard, une version upgradée, gratifiée d’une liste de personnages supplémentaires voit le jour, pour moins de 60 euros, sur les consoles de salon. Au creux de cette réalité, les machines sur lesquelles nous avons pu nous amuser, sont bien loin des bornes traditionnelles. Voici une liste non exhaustive de celles qui ont marqué nos esprits. Pour le meilleur et pour le pire.

Le coin SEGA

Dream Raiders

Chez Sega, c’est la nouveauté qui fait jaser. Nouvelle twin cab montée sur un système qui secoue, le soft qui l’accompagne s’est avéré bien décevant. La maniabilité est hasardeuse au possible, les graphismes et le design paraissent complètement dépassés et on n’y comprend rien tellement cela bouge dans tous les sens. Bref, on n’a pas aimé du tout.
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Typhoon


Ce simulateur aux allures apéritives incarne au mieux le fléau de l’arcade d’aujourd’hui. De l’esbroufe pour motiver l’insertion du jeton, qui accouche d’une expérience inintéressante en termes de gameplay. Et dans ce cas-ci, on touche le fond. En effet, cette twin cab n’est même pas interactive. Du vent dans la tronche, 6 vidéos « immersives » différentes et … bah rien. N.U.L.
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Virtua Tennis 4 – 4 players 

La meilleure sensation chez Sega. Cette borne jouable à 4, oppose des joueurs de tennis renommés, dans le jeu de raquettes non moins réputé : Virtua Tennis. Les courbes et la présentation de la borne en imposent, beau, bon et fun. Cette armature de 240 cm de haut pèse 440 Kilos et en impose autant dans la forme que dans le contenu.
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Operation G.H.O.S.T

Ce jeu de tir à la mitraillette s’inspire des classiques Virtua Cop et Confidential Mission. Malheureusement, malgré sa tentative de jongler avec les effets « infra-rouges » et autres interventions musclées dans le style Call of Duty, il ne fait pas mouche. Encore une fois, le goût de déjà vu prend le dessus, surtout quand le niveau technique ne suit pas.

Bah, et pourtant, Sega, n’est-ce pas plus fort que moi ?
Les meilleures surprises de Sega viennent des produits dédiés à sa mascotte. Ainsi, on a pu faire une partie au superbe Air Hockey « Sonic ». Beau, lisse, lumineux et rapide, il déchire.
La voiture « mini carrousel de Sonic Transformed » avait elle aussi d’indéniables atouts séducteurs. Nous ne l’avons pas officiellement pas essayée…
Bref, Sega fait de son mieux au milieu de ce marché agonisant, mais ne parvient pas à réinventer quoi que ce soit d’intéressant.

Le coin Namco

Deadstorm Pirates 4D

Une borne à 380 000 dollars, ça vous dit ? Bon, sur le coup, ça le fait dans la game room, c’est clair. Une fois entré dans cette boite géante, on est comblé. Ecran immense, son surround 5.1, lunettes 3D et sièges actifs, tout y est. Enfin, tout sauf le vrai challenge de jeu. A bord d’une espèce de barque, vous tirez et naviguez. Les ennemis squelettes déferlent et vous donnent l’impression d’être submergé. Malheureusement, la réalité ludique se résume à une expérience hyper scriptée, un mode de visée très imprécis et peu de défi. À essayer pour le fun, nous en sommes ressortis enthousiasmés, mais ne vous attendez pas au jeu de l’année.
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Dark Escape 4D


Même constat que pour Deadstorm Pirates, la mise en scène et la déco dominent, pour ne laisser que trop peu de place à l’impression de progresser dans un « jeu » vidéo… Néanmoins, c’est assez exceptionnel de découvrir un tel outil de jeu dans une salle d’arcade.

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Dirty Drivin’

Excellente initiative que cette alternative à Mario Kart. Cette Twin Cab au look agressif attire le regard immédiatement. Une fois installé dans son siège, la rapidité et l’imprécision de la conduite prennent rapidement le dessus sur le skill. L’expérience m’a fait marrer mais au bout d’une course, on a fait le tour.
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Snocross


Cette simulation de moto-ski est probablement la borne la plus sexy du salon. Ca clignote dans tous les sens, les « motos » sont superbes et très confortables. Les vidéos et tracés hivernaux semblent hyper dynamiques. Détail très tendance : une caméra vous photographie afin de constituer votre avatar. Cette mise en scène à l’américaine accouche d’un jeu correct. Même s’il  peine à révolutionner la conduite de votre véhicule virtuel, ce Snocross pourrait vous faire passer de bons moments entre amis.

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Me dites pas qu’ici aussi, c’est Papy Pac-Man qui sauve les meubles ?
Et bien si ! Chez Namco, les bornes jonglaient, pour la plupart, de façon aussi maladroite entre beauté et ennui. Des machines imposantes, attirantes et bruyantes ne suffisent pas à fidéliser le gamer payeur non plus. Toutefois, un quatuor rétro, hommage au héro rond comme un ballon et jaune comme un citron, tirait son épingle du jeu et donnait envie de rester. Cette déclinaison en 4 mets tournait évidemment autour de Pac-Man. Les jeux à l’ancienne, dans des présentations sexy, ça claque même si ça sent le chant du cygne…

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EAG 2013 – Syndrome d’un game over sur notre continent…

Veni, vidi, vici. L’EAG 2013 valait le coup. Malheureusement, il n’a pas pu faire mieux que de refléter la réalité d’un changement. La génération arcade est révolue. Les bornes d’aujourd’hui ne visent plus le même public. L’objectif d’une borne n’est plus de fidéliser et de rendre accro, mais juste de séduire le passant occasionnel, pendant que la culture de la performance ne semble subsister qu’au Japon. Certes, chez nous, les vieux titres font toujours vibrer nos cœurs, leurs formes généreuses nous arrachent un dernier coup de foudre, mais force est d’admettre qu’en Europe, les salles obscures ne risquent plus de sentir la transpiration et la compétition qui rimaient lors du millénaire dernier, avec Luna Parks et Arcade…