Dans la peau d’un rétrogamer | 06 mai 2012

One Planet : Nostalgia

Nostalgique ? Vous avez dit nostalgique ? Juste un peu alors… En effet, le monde du jeu vidéo est influencé par une tendance au retro-gaming ces derniers temps et cela s’observe dans tous les domaines du secteur. De plus en plus de sites web à l’effigie des superstars vidéoludiques des années 80-90 voient le jour, les franchises old-school remettent le pied à l’étrier, les collectionneurs sont de plus en plus nombreux et les prix de certaines pièces devenues « rares » flambent sur les sites d’enchères ! Mais que se passe-t-il dans la tête de ces joueurs avides de souvenirs pixélisés ? Je vais essayer de répondre à cette question, malgré ma subjectivité de consommateur consentant.

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Une famille… « ordinaire »[/align]

Je vous parle d’un temps, que les moins de 20 ans, ne peuvent pas connaître…

Tout d’abord, ne nous voilons pas la face : cette forme de passion autour d’un thème, d’un point de vue originel, extrêmement puéril, est une solution aux problèmes contemporains. Chaque passionné retrouve dans ce plaisir du jeu à l’ancienne, des sensations d’enfant-adolescent, qui étaient à l’époque, motivées par la candeur de la jeunesse ! Quoi de plus jouissif et oxygénant qu’une escapade dans les limbes de nos souvenirs de gamin ? Une des forces de ces expériences de jeu old-school, est qu’il évoque des souvenirs à travers tous nos sens. Le plaisir de déballer un jeu dans sa boite cartonnée, humer l’odeur de plastique et d’impression fraîche en feuilletant le manuel, la sensation au touché d’une manette rectangulaire à 2 boutons, les musiques d’intro des classiques, le graphisme pixélisé et précis d’un héro qui jadis, vous avait plongé dans une aventure enivrante et ambitieuse. Cet aspect multi-sensoriel d’une simple partie de Megaman sur NES (Console 8 bits de Nintendo faisant fureur dans les années 80) justifie à lui seul le premier élan vers ce monde de souvenirs et de sensations de naguère.

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Les héros de notre jeune temps ont grandi avec nous mais ne nous ont pas quittés…[/align]

Y a pas d’âge pour en manger ?! Et bien, si !

Un deuxième élément prépondérant dans cet engouement est définitivement l’âge des joueurs ou plus précisément, l’âge des jeux vidéo ! La fin des années 70 a en effet marqué le début d’un essor sans précédent dans le secteur. Le monde de l’arcade s’est mêlé aux consoles de salon et le rêve inaccessible d’une partie de bon jeu à la maison est devenu réalité ! De fait, les joueurs ayant connu cette révolution à l’époque, ont vieilli d’une trentaine d’années et aujourd’hui, ils ont entre 30 et 40 ans. La crise de la quarantaine, l’accès à la vie active et les responsabilités d’adulte poussent donc ce public à la consommation. Ensuite, de simple intérêt à boulimie, il n’y a qu’un pas à (ne pas) franchir…

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Le petit Sylvain, aujourd’hui ingénieur à la NASA et père de 4 enfants accros à la DSi…[/align]

L’offre et la demande ? Du pain béni pour les éditeurs !

Forts de ces motivations contemporaines à consommer du « déjà vu », les retro-gamers deviennent des proies faciles pour les éditeurs. Les réadaptations HD des titres trentenaires sont légion sur les nouvelles consoles et les re-makes sont aussi très à la mode. Pourquoi s’époumoner à créer du neuf à tout prix, là où une partie des joueurs (à la bourse alimentée par un statut de travailleur) sont prêts à délier les cordons de cette dernière pour se faire une deuxième jeunesse ? D’une part les éditeurs jouent la carte de la facilité et d’autre part, le publique en redemande… Tout le monde y trouve son compte. Heureusement, certains nouveaux titres font encore mouche et le jeu vidéo de qualité se conjugue, aussi, au futur.

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Le remake HD du Grand Classique Daytona USA, disponible en DL sur les consoles contemporaines[/align]

Gamerooms, locaux dédiés et folie d’arcade… The sky is the limit.

Comme pour toutes passions, les excès et la mégalomanie sont aux portes du bon sens. Le plaisir de s’essayer à quelques remakes sur sa nouvelle console peut laisser place à l’investissement dans une ancienne console, la ludothèque peut ensuite très vite s’enrichir, la fascination pour ces machines peut aussi vous diriger vers les bornes d’arcade encombrantes et onéreuses et enfin, l’engouement peut pousser à l’aménagement d’un local dédié appelé « gameroom ».
Par la force de la passion, cette motivation jouit de plusieurs vecteurs entrainant un effet boule de neige. Par exemple, le partage des expériences et l’émulation de groupe via les sites dédiés. Plusieurs blogs et forums sollicitent les joueurs collectionneurs à afficher leurs trophées et leurs installations. Cette forme de partage est un énorme moteur et peut pousser à la surconsommation et à l’obsession. Cet « internet effect » entraine également un effet de mode qui ne passe pas inaperçu. Les enseignes décos n’hésitent pas non plus à reprendre d’anciens logos afin d’illustrer leurs derniers gadgets, les magasines proposent des rubriques dédiées au rétro et le phénomène fait jaser. Cette nouvelle interprétation rassure les consommateurs et entretient leurs pulsions. De plus, la satisfaction d’accéder en format XL à un rêve d’autrefois, représente aussi un stimulus très puissant.

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Certains particuliers ne reculent devant rien pour recréer ces atmosphères d’un autre temps…[/align]

Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

Quoi qu’il en soit, inutile de céder à la panique ou à la méfiance, ce type de passion et d’engouement se retrouve fréquemment dans tous les secteurs. Les cinéphiles passionnés n’hésitent pas à reproduire des salles de cinéma dotées de dvd-thèques gigantesques, les férus de sport s’investissent corps et âme dans un club ou dans le travail de leur art, les bédéphiles partent souvent à la recherche d’une édition alimentant leur boite à souvenir,  les acharnés de travail mettent en avant leur carrière et leurs ambitions et les fans de cuisine œuvrent sans cesse pour reproduire les saveurs de leur grand-mère. Une passion, quelle qu’elle soit, est une invitation à l’introspection, à l’évasion et à l’excès.

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Hantés par nos démons ou bercés par nos souvenirs ?[/align]

To be or not to be… that’s the answer !

2012, fin du monde annoncée, bug de l’an 2000 et menaces terroristes font partie de notre décor journalier, même inscrire son enfant dans l’école de son cœur relève du parcours du combattant. Au sein de cette actualité morose et peu réjouissante, comment ne pas comprendre le processus d’une personne cherchant du réconfort et de l’évasion dans un monde qui a bercé les plus belles années de son existence ? Les jeux vidéo ont passé la trentaine et portent les rides de la sagesse à merveille. Quant à nous, la génération Mario, nous jouons dans un théâtre où le voyage dans le temps est possible et où le Game Over n’est qu’une réponse, donc n’aurait-on pas tort de s’en priver?


>On en parle sur le forum…<

Vega

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Posted by Vega | 06 mai 2012 | Dossier, J.V. culture

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Biographie:

Rédacteur en chef on THE Blog! Archiviste et Gamer depuis 1985, je mets cette expérience à profit pour comparer les sensations de naguère et d'aujourd'hui, à bord de ma Delorean volante!

2 Comments

  1. cyborgjeff
    07 mai 2012, 11:19

    « Ensuite, de simple intérêt à boulimie, il n’y a qu’un pas à (ne pas) franchir… »

    Arf -_- »

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  2. Vega
    09 mai 2012, 12:40

    C’est vrai que c’est un passage qui chatouille… mais en parler est important aussi… :-) tu as pris du poids ces derniers temps ? combien de kilobits ? mdr!

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